Vera Pereira

Études/Formation

Ingénieure industrielle en génie civil (Université de Luxembourg

Profession

Ingénieure technicienne

Fonctionnaire  Commune de Pétange

Âge

33 ans

Enfants

1

MOTIVATIONS ET PERCEPTIONS

Comment vous est venue l’idée de vous orienter vers une profession où les femmes sont encore peu présentes ? Qu’est-ce qui vous attirait plus particulièrement ?

Depuis mon enfance, j’étais attirée par les sciences et les mathématiques. C’est pour cela que j’ai continué mes études dans cette voie. J’ai fait mes études au Lycée technique Michel Lucius au Limpertsberg (Luxembourg) et après avoir réussi ma classe de 9ème technique j’ai dû choisir ma filière. C’est donc à ce moment que j’ai décidé de suivre la section « technique générale ». Cette filière n’est pas vraiment attrayante pour les femmes, vu que la plupart des branches sont des sciences et des maths, mais en ce qui me concerne c’était la bonne orientation.

 

Au moment du choix, est-ce qu’il y avait certains aspects qui vous ont fait hésiter ?

Dans mon lycée il existait trois filières :

Lors de mon choix la décision était déjà prise, je voulais étudier les sciences, donc j’ai décidé de m’orienter vers la section « technique générale ». Je me voyais très mal dans la peau d’une infirmière ou d’une réceptionniste.

 

Est-ce que votre activité professionnelle correspond à ce que vous aviez imaginé ?

Pour la majeure partie de mon travail je peux répondre avec un grand oui, mais pour l’autre pas vraiment. J’adore suivre les chantiers communaux, être active sur le terrain, pouvoir avoir un peu d’initiative concernant l’exécution de certains travaux. Mais je ne pensais pas vraiment avoir tellement de contact avec les habitants de la commune, et de plus ce contact s’avère parfois très difficile car les habitants réclament pour des bagatelles.

 

Comment votre famille, vos amis vous perçoivent-ils ?

Mes amis me voient comme une mère de famille qui travaille pour gagner de l’argent, qui s’occupe de la maison et fait les courses et le ménage. Je suis une femme comme les autres, mais avec l’exception que je fais un métier généralement exercé par une personne de sexe masculin.

Ma famille est fière de ma réussite professionnelle, du fait d’avoir atteint mes objectifs scolaires et d’avoir réussi à trouver un emploi sûr. De nos jours, il est de plus en plus difficile de trouver un emploi dans la branche qui correspond aux études qu’on a faites.

 

ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE

 

Veuillez décrire brièvement votre travail.

 

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer votre métier ?

Je dirais qu’il faut, avant tout, être motivé et aimer le métier qu’on exerce. La théorie (études universitaires) et la pratique professionnelle ne coïncident pas forcément. Il faut savoir se débrouiller seule et surtout être autonome (une petite aide est bien entendue la bienvenue). Il faut aussi aimer le contact avec autrui. Il est primordial d’avoir une bonne relation avec les habitants, les entrepreneurs, les architectes, … afin de faciliter le travail dans une administration communale.

 

En cas de difficultés, quelles stratégies utilisez-vous pour les surmonter ?

Il y a parfois des matières auxquelles nous sommes confrontés qui n’ont pas été traitées pendant les cours,donc nous ne pouvons pas tout savoir quand nous sortons fraîchement de l’université. Ainsi des difficultés sont le plat du
jour dans notre nouveau métier. En ce qui me concerne, j’essaie toujours de faire de mon mieux : je téléphone à d’autres personnes pour demander conseil , je recherche mes réponses sur internet ou je pose des questions à mes collèges de travail ;Il ne faut surtout pas perdre espoir quand un obstacle semble insurmontable, il faut toujours se dire qu’on peut le surmonter quelle que soit sa complexité.

 

APPRÉCIATION PERSONNELLE

 

Selon vous, le fait d’être une femme est-il un handicap lorsque l’on veut exercer ce métier ?

Pas forcément, il y a des pours et des contres comme dans chaque métier, le tout est de savoir gérer la chose et de se faire imposer en tant qu’homme de l’art . C’est vrai qu’il faut avoir du courage, une grande force de volonté et savoir s’imposer comme femme, mais dans la plupart des cas ce problème ne se pose pas, car il y a de plus en plus de personnes de sexe féminin qui exercent des professions atypiques et vice-versa. Il y aura des fois des remarques déplacées et il ne faut surtout pas le prendre personnellement. La meilleure façon est de les prendre à la légère et surtout voir le bon côté des choses, une blague sur les femmes, je rigole un bon coup et après je riposte avec une remarque sur les hommes, …

Un bon sens de l’humour serait opportun dans toutes les professions en contact direct avec des ouvriers sur les chantiers.

 

Comment expliquez-vous qu’il y ait encore très peu de femmes à choisir cette profession ?

C’est un métier qui demande du courage et de la détermination, les personnes doivent savoir s’imposer et faire valoir leur savoir-faire en tant que femme de l’art (ce qui est doublement difficile dans un métier où la plupart des partis sont des hommes).

Un autre aspect est le fait de devoir faire des études universitaires dans le domaine des sciences et des mathématiques, c’est un thème qui n’intéresse guère les jeunes étudiantes qui rêvent plutôt d’exercer un métier dans le domaine médical ou d’être en contact étroit avec l’éducation des enfants.

 

Que devrait-on changer pour la rendre plus accessible et plus attrayante aux femmes ?

A mon avis, ce métier ne va pas trop attirer l’attention des jeunes filles dû au fait que les matières à étudier sont basées sur les sciences. Une certaine logique mathématique est nécessaire afin de pouvoir affronter une longue période d’études dans ce domaine. Le fait de participer au « Girl’s and Boy’s Day » est une très bonne initiative afin de familiariser les femmes à ce métier atypique. Dans mon cas, il s’agit de la deuxième année consécutive que je suis volontaire pour participer à un atelier sur les professions atypiques et pour ma part toutes les candidates qui y ont participé ne se voient pas exercer ce métier plus tard. C’est dommage, mais le fait de travailler dans un domaine qu’on n’aime pas n’est pas envisageable pour moi. Une campagne de publicité, sur un tas de métiers différents, devrait avoir lieu sur les campus de l’école / université afin de permettre à ces jeunes gens de prendre connaissance des métiers, jusqu’alors encore inconnus à leur yeux. Les informations y relatives devraient être accessibles / visibles à tous.  

 

Quel message adressez-vous aux jeunes filles qui sont en train de s’orienter professionnellement ?

A mes yeux, rien ne vaut le fait d’exercer un métier qui correspond au point de vue moral et physique de chaque individu. Chacun devrait avoir le choix du métier qu’il voudrait exercer plus tard, car sinon ces personnes ne seront pas satisfaites dans leurs vies professionnelles. Mon message est le suivant :

« Prenez le temps de chercher sur le marché du travail s’il y a une demande pour le métier désiré. Cherchez sur internet quelle est la possibilité d’exercer des métiers dans votre domaine d’études. Essayez de vous orienter vers une profession qui vous plaise, car n’oubliez pas que ce métier, vous devrez l’exercer durant les prochaines quarante années

 

 

 

 

 

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