Jessica Sidon

Études/Formation

Hôtelière-Restauratrice

Profession

Chauffeuse de bus

Commune de Luxembourg

Âge

33 ans

Enfants

/

MOTIVATION ET PERCEPTIONS

 

Comment vous est venue l’idée de vous orienter vers une profession où les femmes sont encore peu présentes?
Qu’est-ce qui vous attirait plus particulièrement?

J’étais déjà passionnée de ce métier lorsque j’avais 15 ans. Le fait de conduire un véhicule d’une telle envergure, ainsi que le contact avec les clients étaient les plus importants motifs.

 

Au moment du choix, est-ce qu’il y avait certains aspects qui vous ont fait hésiter?

Au moment où j’ai pensé à exercer ce métier, j’étais trop jeune, donc j’ai dû m’orienter vers une autre profession. Lorsque j’avais décidé de quitter mon métier que j’avais appris, seul un emploi auprès de la ville de Luxembourg, du TICE ou des CFL était possible. Si j’avais dû travailler auprès d’une entreprise de transport RGTR, je n’aurais pas changé mon métier vu que le nombre d’heures à travailler étaient les mêmes.

 

Est-ce que votre activité professionnelle correspond à ce que vous aviez imaginé ?

Étant jeune, j’ai vu particulièrement les lignes RGTR où l’on roulait plus de kilomètres qu’actuellement les lignes AVL. Le fait de rouler sur des lignes plus courtes, ce qui est plus stressant, ainsi que la possibilité de découvrir d’autres services comme le travail du CALL A BUS avec les chaises roulantes, sont deux aspects que je ne connaissais pas auparavant.

 

Comment votre famille, vos amis vous perçoivent-ils?

Il n’y a pas eu de commentaires négatifs. La seule phrase que j’entends de temps en temps est « Du geess net schaffen, du kucks de ganzen Dag zur Fenster eraus ».

 

ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE

 

Veuillez décrire brièvement votre travail

Mon travail est fort varié, ce que j’apprécie beaucoup. Le travail sur les lignes AVL est intéressant, vu qu’il ne s’agit non seulement du fait de conduire un bus selon les horaires indiqués, mais aussi de vendre des titres de transports aux clients et de leur fournir des  renseignements en cas de demande.

 

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer votre métier?

Il ne suffit pas d’avoir le permis de conduire correspondant, il faut aussi avoir un esprit calme, car du fait que les lignes AVL se trouvent sur le territoire de la ville et dans certaines communes voisines, on se trouve souvent dans des embouteillages, respectivement dans un trafic dense.

 

En cas de difficultés, quelles stratégies utilisez-vous pour les surmonter?

Vu qu’il y a beaucoup de difficultés différentes, il n’y a pas de stratégie universelle. Seul le fait de garder son calme est une réponse adéquate.

 

APPRÉCIATION PERSONNELLE

 

Selon vous, le fait d’être une femme est-il un handicap lorsque l’on veut exercer ce métier ?

Cela dépend des clients, mais généralement les clients apprécient les chauffeurs féminins, de temps en temps on m’a déjà dit que les femmes conduisent plus doucement, ne freinent pas si brusquement et ne conduisent pas plus vite que la situation le demande.

Un handicap est le fait que sur beaucoup de terminus (point terminal d’une ligne) il n’y a pas de toilettes. Les collègues masculins savent s’aider, mais pour les femmes c’est plus compliqué.

 

Comment expliquez-vous qu’il y ait encore très peu de femmes à choisir cette profession ?

On pourrait dire que conduire un bus est un travail simple, loin de là. Il faut savoir gérer des situations parfois difficiles avec des clients dans le bus ou sur la voie publique. Lorsque l’on constate qu’on ne peut plus respecter les horaires vu le trafic dense, il faut non seulement se concentrer sur les autres participants de la circulation, mais aussi calmer les clients mécontents.

 

Que devrait-on changer pour la rendre plus accessible et plus attrayante aux femmes ?

Beaucoup de patrons devraient changer leur attitude envers les femmes. Le fait d’être une femme ne signifie pas forcément que l’on se trouve toujours en congé de maternité. Ce préjugé empêche malheureusement beaucoup de femmes à devenir chauffeuses dans les entreprises de transports.

 

Quel message adressez-vous aux jeunes filles qui sont en train de s’orienter professionnellement ?

Lorsqu’une jeune fille a vraiment envie d’exercer ce métier, elle devra faire preuve de beaucoup de patience et
avoir les nerfs solides afin de ne pas se laisser démotiver par des réponses négatives de certains patrons. C’est un
métier intéressant et très varié.

 

 

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