Nadine Groos

Études/Formation

Études de médecine
Université de Strasbourg

Profession

Chirurgienne plastique

Hôpital du Kirchberg

Âge

45 ans

Enfants

1

MOTIVATIONS ET PERCEPTIONS

 

Comment vous est venue l’idée de vous orienter vers une profession où les femmes sont encore peu présentes ? Qu’est-ce qui vous attirait plus particulièrement ?

Déjà toute jeune je voulais faire de la médecine et dès mon premier stage en chirurgie je me suis décidée à suivre cette voie parce que j’aime bien le côté manuel et pratique de la chirurgie.

 

Au moment du choix, est-ce qu’il y avait certains aspects qui vous ont fait hésiter ?

J'ai finalement choisi une spécialité qui, tout en étant très vaste et variée, me permet la plupart du temps de réaliser des interventions en chirurgie programmée et non en urgence, ce qui est  plus compatible avec une vie de famille.

 

Est-ce que votre activité professionnelle correspond à ce que vous aviez imaginé ?

Oui.

 

Comment votre famille, vos amis vous perçoivent-ils ?

Ils m’ont toujours soutenue et ils trouvent mon travail tout à fait normal.

 

ACTIVITÉ PROFESSIONNELLE

 

Veuillez décrire brièvement votre travail.

Mon travail se divise en trois parties. Je fais des consultations, des soins postopératoires et des interventions: j’opère des gens avec des cancers de la peau, des personnes qui ont perdu du poids et qui présentent de la peau en trop et qui ont les seins trop grands ou qui ont eu un cancer du sein. Mais j’ai également des patient-e-s qui veulent faire des interventions dites de chirurgie esthétique.

 

Quelles qualités faut-il avoir pour exercer votre métier ?

Il faut être rigoureux et à l’écoute des gens.

 

En cas de difficultés, quelles stratégies utilisez-vous pour les surmonter ?

J’utilise toutes les stratégies que je juge nécessaires et utiles.

 

APPRÉCIATION PERSONNELLE

 

Selon vous, le fait d’être une femme est-il un handicap lorsque l’on veut exercer ce métier ?

Au Luxembourg, contrairement à d'autres pays en Europe, le monde médical est encore peu féminisé je dirais donc que les femmes sont certainement un peu désavantagées.
Effectivement parmi les médecins de l'hôpital où j'exerce, les femmes représentent à peu près 10-15% du corps médical alors que pendant mes études il y avait presque 50% de femmes qui ont fait des études de médecine.

 

Comment expliquez-vous qu’il y ait encore très peu de femmes à choisir cette profession ?

A mon avis il y a plusieurs raisons:

 

Tout d’abord la chirurgie est un monde dominé par les hommes, dans lequel on doit se faire une place en étant une femme et dans lequel on est obligé de travailler la nuit et le weekend. Pour une femme, il est d’autant plus difficile de gérer son travail et sa vie de famille, si elle n'a pas un conjoint qui la soutient beaucoup.

Les études sont très longues, on est obligé de partir à l'étranger, tout ceci rend difficile de fonder tôt une famille.

D’autre part, la médecine au Luxembourg est majoritairement une activité libérale (90%) et non salariée. On peut certes, depuis peu, bénéficier d'un congé de maternité, mais le congé de maladie n'existe que depuis  le statut unique de la CNS. Ces  raisons ont pu retenir  les femmes à choisir cette profession.
 

Le dernier argument est un aspect historique qui fait qu’au Luxembourg le pourcentage de femmes qui travaillent a toujours été moins important que dans d'autres pays de l’Europe.
 

Que devrait-on changer pour la rendre plus accessible et plus attrayante aux femmes ?

Augmenter le nombre des places de garde pour les enfants.

 

Quel message adressez-vous aux jeunes filles qui sont en train de s’orienter professionnellement ?

Faites ce que vous avez envie de faire, même au Luxembourg les mentalités vont changer.

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